Une coupe à la main et un livre sous les yeux – pour Savourer, par Geneviève O’Gleman

Je suis fascinée par la lumière de la fin septembre, au moment où se retire l’été pour laisser place à l’automne. Les dernières journées chaudes permettent de marcher doucement dans l’ambiance dorée du soleil oblique de 18 heures, en manches courtes et en bottes. C’est dans cet état d’esprit que je suis arrivée au Clos de l’Orme Blanc pour rencontrer Lucie Debien et Rino Dumont, vignerons.

 

La première chose que l’on remarque, c’est le grand calme qui règne sur les lieux. « Avant tout, nous voulions créer un espace de liberté et de vie », me dit Rino. Ce magnifique terrain, acheté en 2009, il en parle comme d’un parc. Il y a des tables de pique-nique un peu partout, placées de façon à préserver l’intimité qui s’y installe. Des fleurs sauvages poussent librement et des canards pataugent dans l’étang. Les bâtiments ont été préservés et rénovés avec goût. Une certaine noblesse se dégage des lieux. Une noblesse simple et généreuse.

Le vin devient presqu’un prétexte pour se rendre à ce vignoble de St-Armand. La plupart des gens le découvrent d’ailleurs par la grange à livres. Je répète: la grange à livres! Grande lectrice depuis l’enfance, je rêvais à neuf ans d’avoir une grande bibliothèque comme celle de Belle, dans la Belle et la bête. Je sais maintenant que cet endroit existe, avec de la lumière qui entre par l’espace entre les lattes de bois et qui danse jusqu’aux étalages. Il n’y avait pas de bibliothèque à St-Armand. Maintenant, celle-ci est à la disposition de tous et toutes, sous la consigne d’emprunter les livres qu’on veut et de les rapporter dans un délai raisonnable. La sélection est excellente, classée de façon décontractée et juste assez brouillonne. Ici, on se laisse porter par l’inattendu; on trouve ce qu’on ne cherche pas.

Même chose pour le vin. Au Clos de l’Orme Blanc, on fait confiance à la nature, à la personnalité du raisin. Quatre vins blancs sont sortis du chai, cette année. Des vins vivants, non-filtrés et non-collés, à boire joyeusement de la façon qui nous rend heureux. Pas de snobisme viticole, pas de pression de vente, que du respect pour l’environnement, les humains, les livres et la communauté.

 

Dans une autre vie, Lucie et Rino étaient ingénieurs. Sans même l’avoir planifié, ils sont devenus vignerons, une étape à la fois, en se laissant prendre au jeu. Ils sont tombés en amour avec les vignes et le vin qu’on peut créer à partir du jus de leurs raisins. C’est une décision que plusieurs doivent saluer, une coupe à la main et un livre sous les yeux.

 

 

Le Clos de l’Orme Blanc

1050, chemin Dutch, Saint-Armand

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